La première vague de Covid-19 avait semé le trouble concernant les magasins qui pouvaient ouvrir ou pas. Les jardineries avaient ainsi dû fermer au moins partiellement, pour réouvrir en avril.
La seconde vague aura semé le trouble à un autre niveau : quels sont les « produits de première nécessité » qui peuvent être vendus ou pas ?

Sous la pression des petites structures qui déplorent de voir les grandes surfaces vendre les mêmes gammes qu’eux alors qu’eux-mêmes doivent baisser le rideau - engendrant une concurrence déloyale entre commerces - le gouvernement a décidé de fermer certains rayons de produits qui ne sont pas de première nécessité dans les magasins restant ouverts. C’est le secteur du livre qui aura été le plus médiatisé et le plus emblématique en la matière : si le supermarché peut vendre des ouvrages, pourquoi pas les petits magasins de proximité, librairies en particulier ?

Oui, mais alors… tout le monde est ouvert et l’objectif premier - contrôler la propagation du virus - risque d’être atteint plus difficilement….
Les autorités ont donc tranché. Et pour notre secteur, ce sont les fleurs coupées qui paient les pots cassés.

La serre chaude reste ouverte

Ainsi, comme l’a communiqué la Fédération Jardineries et Animaleries de France, ex-FNMJ ce 3 novembre 2020 - à la veille du jour où les rayons non essentiels doivent être fermés - les arbitrages ont été rendus. Le syndicat préconise de laisser ouverts les rayons suivants :
Jardin : végétaux d’extérieur, semences, engrais, phytos, terreaux, outillage, contenants, aménagements... ;
Animalerie : animaux, alimentation, produits de soin, équipements et accessoires... ;
Epicerie fine et alimentation ; produits d’hygiène et de santé ;
Serre chaude : végétaux d’intérieur, terreaux, contenants et accessoires liés… ;

Par-contre, les rayons suivants doivent être fermés :
Fleuristerie ;
Décoration dont décorations de Noël ;
Jouets, librairie et loisirs créatifs ;
Habillement (hors vêtement de jardin et professionnels).

Jardineries et Animaleries de France rappelle que le Click & Collect et le retrait de commandes sont autorisés pour l’ensemble des produits et rayons, qu’ils soient ouverts ou fermés au public.
Les magasins peuvent rester également ouverts sur la vente de végétaux aux professionnels pouvant continuer leur activité : ces ventes se réalisent dans des espaces largement ventilés et/ou en plein-air. « Nous recommandons à nos adhérents de continuer d’appliquer strictement le guide des bonnes pratiques sanitaires qui leur a été communiqué, et notamment la jauge des densités mise à jour », précise enfin la fédération.

Une situation qui pourrait encore bouger ?

Reste que face à une situation qui risque de faire plus de déçus que d’heureux - la demande des petits commerces étant avant tout de pouvoir rester ouverts - la situation pourrait encore évoluer selon le niveau de fronde qui semble forte sur le terrain du côté des « petits commerçants ».

Et comme au-final, la décision de fermer les rayons des produits non essentiels va non seulement nuire aux petits magasins fermés mais aussi aux producteurs qui ne pourront plus écouler leurs produits sur aucun canal, les producteurs pourraient rejoindre le camp des mécontents et faire bouger les lignes. A suivre, donc !

Pascal Fayolle