Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a reçu, à sa demande, Mikael Mercier.
Au cœur des échanges, pour cette première audience, la situation extrêmement préoccupante dans laquelle se trouvent - d’une manière ou d’une autre - les entreprises de la filière, et particulièrement les producteurs.
Ont été partagées les données sur les pertes de chiffres d’affaires des entreprises, et la destruction de végétaux suite au blocage du marché par la fermeture administrative des points de vente ou l’arrêt des chantiers d’espaces verts.
La FNPHP estime à, notamment, plus de 200 millions d’euros de pertes déjà enregistrées et plus de 50 millions d’euros de végétaux détruits depuis le 15 mars 2020.

Trois chantiers de travail

Le ministre a confirmé son souhait de soutenir « l’une des filières les plus touchées parmi les filières agricoles ».


Trois chantiers de travail ont été proposés par le ministre :
. la mesure des aides transversales apportées aux entreprises qui pouvaient en bénéficier (Fonds de Solidarité ou chômage partiel, prêt Garanti par l’Etat pour soutenir les trésoreries, report des charges sociales sur les salaires » ;
. l’élaboration d’une mesure d’exonération de charges sociales patronales durant le confinement, à configurer selon la nature des entreprises et des métiers ;
. une prise en compte des destructions de stocks de végétaux pour son éventuelle compensation financière… à inscrire dans le cadre de l’activation de l’article 222 de l’OCM à Bruxelles (fonds européens). Et, plus largement, les mesures financières à conclure au plan européen au profit des entreprises de la filière.

Le ministre s’est félicité « de la réactivité de l’Interprofession, de ses capacités d’influence, particulièrement auprès des parlementaires qui l’ont très souvent sollicité ».
Via FranceAgrimer, l’Etat va soutenir la campagne de communication « Sortie de confinement » sur les écrans de télévision à partir du lundi 18 mai 2020 pour 3 semaines au moins. Il s’agit de promouvoir les produits de l’horticulture et d’inviter les consommateurs à renouer avec leur passion du jardinage.
Une seconde réunion de travail, conclusive, est prévue début juin, en présence du Ministre de l’Economie.

Des annonces… encore insuffisantes

L’échange, énoncé comme « constructif », vise à trouver - pour la filière – « un cocktail de solutions sur mesure pour aider nos entreprises, certainement parmi les plus touchées par cette crise. Didier Guillaume en a pleinement conscience », assure l’interprofession Val’Hor.
La FNPHP, quant à elle, attend désormais un engagement de la part du gouvernement mais complète : « Ces réponses sont nécessaires et démontrent que Didier Guillaume a pris la mesure de la catastrophe qui frappe le secteur horticole. Cependant, les dispositions annoncées ne sont pas suffisantes. Au regard de ce que certains états européens ont mis en œuvre pour leur secteur de production horticole, la France doit apporter des aides directes aux producteurs afin d’absorber des pertes colossales qu’ils ne peuvent supporter ».

Et la fédération de producteurs de préciser : « L’objectif de la FNPHP est clair : obtenir de l’Etat qu’il débloque les fonds suffisants pour sauver la production horticole française. Le défi - pour demain - est de garantir l’autonomie du pays pour son approvisionnement en plants de légumes pour les ménages, en fleurs pour célébrer la joie de se retrouver, et en végétaux pour réguler le climat et améliorer le cadre de vie de nos concitoyens ».

Odile Maillard

(1)Val’Hor, Interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage
(2)FNPHP, Fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières