En général, les jardins du Festival de Chaumont-sur-Loire sont ouverts fin avril. Et le domaine du château reste ouvert à l’année. Mais cette année, crise sanitaire oblige, l’ensemble du site avait été fermé. La réouverture est annoncée pour le 16 mai, l’occasion de découvrir les 24 nouvelles réalisations sur le thème « Les jardins de la terre, retour à la terre mère », sans compter les « cartes vertes »…

Ce qui sera nouveau cette année, au-delà des jardins renouvelés chaque saison, évidemment, c’est que les visiteurs sont invités à réserver des billets dématérialisés en ligne pour éviter les files d’attentes à l’entrée (billets datés avec deux créneaux d’arrivée, 10 h à 12 h et 14 h à 19 h), les entrée et sortie seront différenciés, le parcours organisé pour éviter les croisements de personne, du gel hydroalcoolique sera disponible en plusieurs points du site, et évidemment que des protections en plexiglass sur les lieux de vente (entrées et boutiques) !
C’est ainsi protégés que les visiteurs pourront parcourir les allées du Festival qu’on nous promet cette année très international. Parmi les équipes pluridisciplinaires retenues pour le Festival, certaines viennent d’Inde, du Brésil, de Suède, ou de différents pays européens plus proches.

24 jardins autour du thème de la terre mère

Depuis plusieurs années maintenant, des « cartes vertes » sont offertes à différentes personnalités, pour présenter leur travail autour des jardins du Festival. Eric Lenoir, paysagiste et pépiniériste dans l’Yonne, présente cette année un « jardin de la résilience ». L’idée est de montrer que l’homme s’inscrit moins aujourd’hui contre la nature qu’avec elle, en abandonnant des pratiques nuisibles, dans un jardin organisé autour d’un arbre apparemment mourant mais duquel apparaissent des « réitérations » chargées de sève... et d’espoir !

Dans la cour tropicale de la ferme, le designer Patrick Nadeau présente un travail sur les Tillandsias, le sud-africain Leon Kluge propose un jardin creusé dans la terre ou il sera possible de ressentir l’esprit de l’Afrique…

Quant-au Festival proprement dit, composé de 24 jardins sur le thème du retour à la terre mère, il promet de « lentes chutes d’arbres », figurant l’effondrement environnemental, le reflet de la terre mère dans un miroir d’eau, une redécouverte des « trognes »…
Dans « Régénération », des arbres en pot, « forme végétale la plus artificialisée par l’homme », l’arbre se renverse progressivement, symbolisant l’effondrement de la vie et la naissance. Le « Jardin du goût » rend hommage à la terre nourricière, « survient la terre, jaillit la vie » montre comment les végétaux toujours reprennent le dessus sur les surfaces laissées nues, montrant l’incroyable capacité de la terre à se régénérer indéfiniment. « La source vive » est inspiré des jardins de la Villa d’Este, près de Rome, « on récolte ce que l’on sème » oppose l’agriculture à la nature avant de les réconcilier…

Outre ces jardins, les « Botaniques de Chaumont-sur-Loire », exposition-vente de plantes, sont annoncées pour les 19 et 20 septembre, « Quand fleurir est un art », événement consacré à la « célébration du végétal », est prévu les 9, 10 et 11 octobre… Le domaine de Chaumont-sur-Loire ne se visite pas que pour son Festival, il est devenu un lieu d’importance pour le monde du végétal en France !

Pascal Fayolle