Cette enquête a été menée durant 3 ans, en plusieurs vagues, auprès des 4 000 exploitations agricoles du département, par l’Observatoire Amarok pour le compte de la Chambre d’agriculture de Saône-et-Loire.

78 % des répondants sont des hommes, 65 % ont plus de 45 ans, mais aussi 11 % ont moins de 35 Ans. 64 % ont repris l’exploitation familiale et 36 % sont des repreneurs ou créateurs.

Cette étude concerne surtout des éleveurs de bovins, des viticulteurs et des agriculteurs en grandes cultures, populations les plus représentatives localement.

Il n’est pas possible de transposer directement à d’autres filières, mais c’est la démarche (rare en France) qui est intéressante.

Concernant le volet « stress psychologique » de l’enquête, 31 % des répondants ressentent un isolement.

44 % présentent un stress psychologique élevé, voire très élevé : débordés, préoccupés, tourmentés ou anxieux, avec le sentiment d’un grand poids sur les épaules.

34 % présentent un risque plus ou moins aigu d’épuisement professionnel, soit jusqu’à 18 % de plus que toutes les autres catégories de chefs d’entreprise que l’Observatoire étudie depuis 10 ans. Ce niveau de risque de burn-out est le plus élevé jamais mesuré de l’histoire de l’organisme de consultation.

Un mentorat, pour anticiper

« Ces résultats confirment ce que nous pressentions et vivons depuis de trop longues années, explique Christian Decerle, président de la Chambre d’agriculture, qui poursuit : le travail engagé doit nous permettre, au-delà du constat et dans la durée, d’anticiper les situations de grande fragilité et de proposer des solutions concrètes visant à accompagner et soutenir les agriculteurs de notre département. Par exemple, nous développons, en Saône-et-Loire, et depuis plusieurs mois, un dispositif de mentorat entre des agriculteurs et des chefs d’entreprise ».

Autre première : l’étude analyse la vision du futur des agriculteurs. 70 % des répondants ont une vision plus ou moins négative de leur avenir, dont 21 % très négative. Les moins de 45 ans sont plus optimistes que leurs aînés, et les viticulteurs plus positifs que les éleveurs “bovins viande” ».

On peut souhaiter que d’autres départements et régions, plus horticoles notamment, fassent ce même travail pour d’autres secteurs agricoles.

Pour mémoire : de son côté, la Mutualité sociale agricole (MSA) a mis en place des cellules d’aide, des accompagnements, un numéro de téléphone d’urgence Agri’Ecoute, 24H/24, au 09 69 39 29 19 (prix d’un appel local).

Odile Maillard