Les réponses au questionnaire que nous avions lancé (http://www.lienhorticole.fr/actualites/sante-des-vegetaux-notre-enquete-sur-le-nouveau-reglement-europeen-1,11,1235319169.html) trahissent des inquiétudes partagées par une grande part des professionnels de la filière.

Si, parmi les répondants*, pour plus d’une entreprise sur deux, une personne est dédiée à la surveillance des végétaux, plus de la moitié estime ne pas être au point sur le règlement, et 30% moyennement au point.

Des incompréhensions et des professionnels livrés à eux-mêmes

Les interrogations concernaient en premier lieu la marche à suivre concernant les inspections et contrôles des plantes. Viennent ensuite des questions sur le passeport phytosanitaire européen (PPE) : comment le remplir, où l’apposer, etc. Suivi par la méconnaissance des organismes réglementés.

Plus d’un tiers des répondants ont affirmé ne pas avoir trouvé d’aide pertinente pour répondre à leurs interrogations et les conseiller sur la marche à suivre. Pour les autres, ce sont les Fredon (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles) et/ou les Draaf (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) qui ont été d’un plus grand secours, suivi par la FNPHP (Fédération nationale des producteurs de l’horticulture et des pépinières) puis les collègues.

Infographie © f.arnould

Un temps d’adaptation nécessaire

Nous avions laissé une question ouverte sur le questionnaire pour connaître quelles étaient selon vous les principales difficultés d’application de ce nouveau règlement. Nous avons reçu beaucoup de remarques. Vous étiez nombreux à dire que les nouvelles dispositions sont trop lourdes pour les petites exploitations (pas de matériel ni de personnel pour assurer la charge de travail supplémentaire). Beaucoup s’interrogent aussi sur la pertinence de l’étiquette (PPE), et l’apposition du nom latin interpelle certains producteurs qui ne les connaissent pas toujours. Mais surtout, c’est un manque d’information qui est à déplorer. Les professionnels de la filière, et notamment les producteurs, doivent déjà cumuler beaucoup de casquettes. Se mettre à jour de la législation peut être très chronophage. D’autant plus que très peu de personnes ressources étaient à jour et pouvaient transmettre les informations, étant donné la publication très tardive des textes de lois. Une situation qui ne devrait pas perdurer. Des solutions ou des astuces seront peut-être trouvées pour réduire les coûts et la pénibilité des nouvelles obligations. Plusieurs fournisseurs se sont par exemple lancés sur la question de l’apposition du PEE pour proposer des systèmes d’impression d’étiquettes (voir les photos).

Deux exemples de système permettant d’apposer le passeport phytosanitaire européen sur les plantes, vus à IPM Essen. ©Léna Hespel

Lors d’une journée dédiée à la surveillance des végétaux au ministère de l’Agriculture, une responsable de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) avait assuré qu’il y aurait une certaine tolérance au départ concernant l’application du règlement et que les contrôles en 2020 seraient aussi des contrôles pédagogiques.

Léna Hespel

*Parmi les 176 répondants à notre enquête, 88,6% sont des horticulteurs ou pépiniéristes, 2,8% sont des paysagistes, 5,1% travaillent au sein de services espaces verts et 3,4% au sein de jardineries.

Nous avions publié une foire aux questions sur notre site internet (ouverte à tous). Certaines des questions posées via le questionnaire par les répondants à notre enquête ont été traitées dans cette foire aux questions. N’hésitez pas à la relayer et à télécharger le PDF récapitulatif : http://www.lienhorticole.fr/actualites/foire-aux-questions-nouveau-reglement-europeen-sante-des-vegetaux--1,11,301861560.html