Parmi les entreprises du paysage, 71 % ont cessé complètement ou ralenti leur activité suite à l’apparition du Covid-19, ne laissant que 29 % d’entre elles poursuivre normalement le travail.
72 % bénéficient de mesures de chômage partiel, et 23 % ont demandé à bénéficier d’un prêt exceptionnel, garanti par l’Etat. Non pas qu’elles n’aient pas entendu les appels à la reprise du travail de l’exécutif, comme l’appel du Président de la République dès le 19 mars à « la responsabilité civique des entreprises pour poursuivre leur activité lorsque cela est possible ».
Mais par la voix de son nouveau président Laurent Bizot, l’Union nationale des entreprises du paysage a fait savoir, et envoyé en ce sens un courrier le 22 avril à différents ministres, dont le Premier d’entre eux, que toutes les conditions n’étaient pas réunies pour la reprise du travail.
Par ce courrier, l’Unep demande au Gouvernement un certain nombre de mesures pour soutenir les entreprises et favoriser la reprise du travail. La première serait l’envoi d’un courrier à l’Unep pour rappeler que la reprise du travail est indispensable au maintien d’une activité économique, ce que refusent souvent les salariés. Les entreprises aimeraient que le droit de retrait soit limité lorsque toutes le mesures de prévention sont assurées. Elles souhaitent être aidées dans la mise en place des mesures de sécurité, en particulier pour l’approvisionnement en masques et gel et demandent l’ouverture des déchetteries, pour traiter les déchets verts.
Elles souhaiteraient être intégrées dans les mesures dérogatoires au temps de travail pour rattraper le retard accumulé et combler les absences, décaler les prises obligatoires de congés payés, favoriser le retour des apprentis et disposer d’exonérations de charges sociales des heures supplémentaires.

Les mesures sanitaires, 10 % de surcoûts

L’Unep demande aussi la prolongation de six mois de la validité de certains documents (Cacès, Certiphyto…), la levée du principe de précaution qui empêche les 2/3 d’entre elles de travailler par refus des donneurs d’ordre. Les entrepreneurs notent que les mesures sanitaires modifient l’équilibre économique des contrats, les surcoûts sont estimés à 10 %. Ils demandent en conséquence un droit à la réouverture des marchés, la création d’un indice ou la revalorisation de ceux qui existent par un coefficient pour intégrer les pertes de productivité (moins de monde dans les camions, achats de masques et gel…).
Enfin, l’Union veut s’assurer du maintien de la facturation et de paiements en cas de marchés à prix forfaitaires, et l’extension de cette mesure aux marchés privés. Elle salue l’augmentation du fonds de solidarité mais pense qu’il serait bienvenu d’y insérer une indemnisation des préjudices dus aux reports et annulations de contrats. Ils estiment aussi que la déclaration du Covid 19 en catastrophe naturelle, la baisse des cotisations d’assurance pendant les périodes non travaillées et de baser les prochains appels de prime sur le chiffre d’affaires prévisionnel de 2020 et non sur celui de 2019 qui sera forcément plus élevé, aiderait grandement les entreprises à surmonter leurs difficultés.

Ces actions de court terme permettraient de surmonter une baisse de chiffre d’affaires estimée début avril à 40 % pour le second trimestre 2020. Si l’on considère que les entreprises du paysage réalisent annuellement 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, la perte de 40 % du chiffre d’affaires d’un trimestre qui devait dégager 1,5 milliard d’euros représente un manque à gagner de 600 millions d’euros. Ou 10 % du chiffre d’affaires de l’année. Sans mesures d’aides, le secteur ne sortirait pas indemne d’une telle situation !

Pascal Fayolle