L’enquête Val’Hor, lancée le 21 mars, a recueilli un taux de réponse important, à la hauteur de l’étendue de la catastrophe vécue par la filière. En quatre jours, 461 producteurs, y compris coopératives et semenciers, 523 fleuristes, 187 jardineries et LISAS, 47 grossistes, 129 entrepreneurs du paysage et 84 paysagistes concepteurs y ont répondu. C’est chez les producteurs que les taux de réponse par rapport au nombre d’entreprises existantes est le plus élevé : ils sont un sur six environ à avoir envoyé leur réponse.

Résultats, sur la semaine 12, par rapport à la même semaine de l’an passé, la perte de chiffre d’affaires est de 86 % chez les horticulteurs et 70 % chez les pépiniéristes, de 90 % chez les grossistes. La perte est de 81 % chez les fleuristes, 74 % dans les jardineries et de 81 % pour les entrepreneurs du paysage. Soit une estimation de perte de chiffre d’affaires annuel de 4 à 6 % selon les métiers.

L’enquête montre bien la grande détresse qui règne dans la production, arrêt brutal des commandes et de l’activité, trésoreries à sec, et surtout cette perte ne sera pas rattrapable et personne ne sait que faire dans les prochaines semaines, remettre en culture pour un redémarrage de l’activité, ou arrêt complet en attendant des jours meilleurs. Dans tous les cas, remettre en culture implique d’engager des frais alors même qu’aucune vente n’est intervenue et qu’il a fallu détruire d’importantes quantités de productions.

Les producteurs demandent une aide financière pour stopper toute activité et ne pas mettre en danger la vie des salariés : repousser les échéances de charges sociales ne suffira pas, la plupart des producteurs estimant que la perte de chiffre d’affaires ne sera pas récupérable. Et les assurances ne prennent pas en charge les pertes, dues à des arrêts de commande et pas à un arrêt obligatoire de l’activité.

Une action collective vers les entreprises attendue

Les grossistes demandent une annulation des charges et pas un repport, considérant aussi que les pertes ne pourront être rattrapées. Là non plus, les assurances ne prennent pas en charge les pertes. Même tonalité chez les fleuristes qui ont dû détruire leurs stocks de végétaux sans compensation par les assurances et qui n’ont pas de perspectives de réouverture de leurs magasins. Ils demandent une aide au titre de « catastrophe naturelle », sont inquiets face à l’annulation des mariages et autres fêtes, et se demandent comment préparer le Premier mai, période d’activité importante.

Enfin, les entrepreneurs du paysage font part aussi de leur inquiétude, certains continuent à travailler, mais les fournisseurs sont fermés, certains chantiers suspendus, voire annulés. Ils arrêtent souvent leur activité faute de protection du personnel, de masques en particulier.

Enfin, Val’Hor conclut son enquête en pointant la situation catastrophique dans laquelle se trouve la filière, d’un point de vue économique, mais aussi moralement, avec la survie des entreprises qui est souvent en jeu. Une attente d’actions immédiate et collective pour les entreprises est attendue de la part des pouvoirs publics.

Pascal Fayolle