Le problème est que le choucas bénéficie du statut d'espèce protégée. Il ne peut pas être détruit comme peut l'être un nuisible.

Le choucas ne peut être tiré que dans le cadre d'une autorisation administrative limitée dans la quantité et dans le temps.

En cas de dégâts, son statut d'espèce protégée nécessite un recours contre l'Etat devant le tribunal administratif.

Pendant longtemps, l'Etat s'est refusé à accorder une quelconque indemnisation du préjudice causé par des espèces protégées. En effet, l'article L. 110-1 du code de l'environnement prévoit que la préservation des espèces naturelles est d'intérêt général.

Cependant, par un important revirement du 30 juillet 2003, le Conseil d'Etat a finalement admis que la responsabilité sans faute de l'Etat pouvait être engagée. Il s'agissait des dégâts causés par le grand cormoran à certains aquaculteurs.

Les conditions de mise en oeuvre de cette responsabilité sont toutefois rigoureuses. La victime doit justifier d'un « préjudice anormal et spécial ». Tous les dommages causés par les espèces protégées ne sont donc pas indemnisés.

La preuve de la prolifération de l'espèce, si elle est rapportée, n'est pas nécessairement suffisante.

Enfin, la faute de la victime, par manque de précaution ou d'effarouchement par exemple, est susceptible d'exonérer totalement ou en partie la responsabilité de l'Etat.