La convention dont vous faites état s’apparente à un prêt à usage. Par définition, c’est un contrat par lequel l’une des parties, le prêteur, livre une chose à une autre, l’emprunteur, pour s’en servir, à charge pour cette dernière de la rendre après s’en être servi. Sa particularité est qu’il est gratuit. A l’expiration du terme convenu, le prêt prend fin sans qu’il soit besoin de délivrer congé, sauf si les parties ont prévu une clause de tacite reconduction. Dans ce cas, un congé est nécessaire pour mettre fin au contrat. Si le terme de la convention n’a pas été prévu, le propriétaire ne peut réclamer la chose qu’une fois qu’elle a servi à l’usage pour lequel elle était prêtée.

En l’absence de contrat écrit, l’année culturale sert, en général, de référence pour déterminer la durée d’un prêt portant sur des terres agricoles. Autrement dit, le contrat est censé fait pour un an mais il peut se renouveler tacitement. Le propriétaire peut donc en principe reprendre ses terres à la fin de chaque année culturale. En cas de litige, c’est l’emprunteur qui doit prouver que l’usage de la chose nécessite une certaine durée.

Concernant le droit de préférence auquel vous faites référence, il existe effectivement un droit de priorité conféré au locataire d’une convention passée avec une Safer. Il faut toutefois remplir deux conditions : le propriétaire doit envisager de conclure un bail rural soumis au statut du fermage et le bail consenti par la Safer doit avoir eu une durée excédant six ans. Or, dans votre hypothèse, le bail n’a duré que six ans et la commune n’a pas décidé de conclure un bail rural, puisqu’elle fait exploiter la pâture par prêt à usage.