Dans l’optique de végétaliser au maximum les espaces urbains, il est désormais possible d’engazonner même des espaces de circulation pour les piétons ou les véhicules : parkings, trottoirs, allées de cimetière.

A ce jour, il est encore possible d’utiliser des produits phytosanitaires de synthèse dans la plupart des cimetières, mais pas dans les espaces de circulation sur la voie publique. Dans tous les cas, la réussite d’un tel projet d’engazonnement sera plus facile si l’on fait les bons choix dès le semis. Il faudra également prendre en considération les attentes des utilisateurs et les moyens financiers et humains que l’on est prêt à consacrer à l’entretien pour faire les bons choix de gestion.

Dans de tels espaces, les espèces pouvant être utilisées sont nombreuses : pour les allées les plus fréquentées, privilégier le ray-grass anglais, la fétuque élevée ou le pâturin des près, tous résistants au piétinement. Si ce critère semble secondaire, on peut opter pour la fétuque ovine, qui s’adapte bien aux sols pauvres et demande peu d’entretien. Cependant, dans les milieux trop riches, elle peut subir fortement la concurrence des mauvaises herbes. Dans ce cas, l’emploi de la fétuque rouge semble plus adapté. Pour toutes ces espèces, les variétés les plus récentes apporteront leur plus grande résistance à la sécheresse et leur plus grande tolérance naturelle aux maladies.

Dans un cimetière, on peut implanter un gazon sans décompacter le sol en profondeur pour garder une portance suffisante pour le passage des engins. On peut simplement le déstructurer sur 5 centimètres. Ensuite, on procède au semis, que l’on recouvre à l’aide d’un râteau avant de passer le rouleau.

L’entretien d’une telle surface engazonnée nécessite moins de temps et d’énergie qu’une allée gravillonnée par exemple, où les plantes indésirables finiront toujours par pousser. Cinq tontes par an peuvent suffire pour maintenir l’aspect esthétique des lieux.

Il est nécessaire, en revanche, de bien regarnir toute zone où le gazon aurait disparu, suite à une sur fréquentation par exemple, avec un mélange spécialement adapté. Après avoir recouvert le semis de terreau et passé le rouleau, on peut arroser pour faciliter la germination. Globalement, la gestion de l’arrosage dans ces espaces se fait selon l’esthétique souhaitée, mais les apports d’eau ne sont pas toujours indispensables.

Ce genre de projet d’engazonnement nécessitera à coup sûr un travail de pédagogie auprès de la population pour expliquer la démarche, qui va bousculer certaines habitudes.

GNIS